• Enabla

"LES FANTÔMES DE LA FÔRET", par Romain.

Le deuxième sur le podium... Voici sans plus tarder le texte de Romain. Mais avant, celui-ci m'a envoyé un texte qu'il souhaitait placer en guise d'introduction :


"Bonjour a vous ! Je m'appelle Romain et vous vous âpretez a lire ma nouvelle. Tout d'abord, ça me fait très plaisir. Ensuite, je tenais vous le dire : Mon histoire est... Disons originale. Je pense qur certains d'entre vous vont adorer comme d'autre ne vont pas aimer du tout, car c'est un style spécial. Dans tous les cas, je souhaitais vous partager quelques musiques que j'ai écouté durant l'écriture :


https://m.youtube.com/watch?v=kFzViYkZAz4


https://m.youtube.com/watch?v=veQD17hWFeM&list=PL7gTTP0wnlZ_beNK7sHWxOCV7KEvRGN7C&index=1


https://m.youtube.com/watch?v=-TdYVWzeDtU&list=PL7gTTP0wnlZ_beNK7sHWxOCV7KEvRGN7C&index=7


https://m.youtube.com/watch?

v=OK8xOxuhYMQ


Voilà, c'est tout pour moi... Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un agréable moment avec les Fantômes de la Forêt..."


LES FANTÔMES DE LA FORÊT


Les premiers amours ne s'effacent jamais.

Jean-François Collin d'Harleville

*

C’est à cause de cette vielle légende que j’ai eu une peur bleue de ce petit bois. On raconte qu’un soir de printemps, deux amants que la vie avait maintes fois tenté de séparer, seraient venus se réfugier dans cette forêt pour échapper à la violence du monde. Ils auraient chacun versé une larme dans une petite fiole de diamant qu’ils auraient jeté à l’eau, avant de se pendre. C’est un chasseur qui vint annoncer la nouvelle au petit matin : Deux âmes en peine avaient trouvé la paix.

Mais, selon le mythe, une part d’eux aurait survécu à la mort en personne. Par les nuits de pleine lune, quiconque se promènerait près du vieux chêne de la forêt pourrait apercevoir deux silhouettes fantomatiques qui marchent main dans la main, avant de disparaître dans la brume lorsqu’arrive l’aube…

Bien que ce conte était complètement absurde, il m’a empêché d’aller jouer avec les autres enfants du groupe dans la pinède pendant une bonne partie de mon enfance. Nous vivions dans un petit village de campagne, et tout le monde se connaissait, c’est pourquoi nous autres les enfants avions formé une sorte de bande. Durant les jours chauds, nous partions explorer les ruines, se baigner dans les lacs, s’empiffrer de framboise… Rien ne me faisait peur, ni les kilomètres de marche, ni les bêtes sauvages ! Enfin… Rien, à part cette forêt.

C’était complémentent irrationnel : qui irait croire ces vielles histoires de bonne femmes ?

Et pourtant, chacun de mes cauchemars se déroulait là-bas...

Un jour, les membres de notre joyeuse troupe avaient décidé d’y aller, malgré mon avis. J’avais fait le fier devant eux, en clamant que je pouvais m’y rendre sans aucun problème.

La veille de l’exploration, j’avais d’horribles maux de ventre, la tête qui tournait et des nausées... J’étais tellement anxieux à l’idée d’y poser un pied que mon corps entier dysfonctionnait ! Évidemment, une fois face à la fôret en question le lendemain, je me suis dégonflé.

Je me rappelle encore ce que je ressentais quand tout les autres enfants se sont moqués de moi… J’étais bien sûr humilié et vexé, mais surtout en colère contre moi même. Je me maudissais de ne pas pouvoir surpasser ma peur, et j’étais persuadé que c’était ma faute si les autres riaient de moi, que si j’avais été plus courageux, rien de tout cela ne serait arrivé.

Et puis, alors que tout le monde me raillait, Lara m’a défendu.

Lara était l’unique fille de la bande. On l’a énormément charrié à ce sujet, sans que je n'ai fait quoi que ce soit pour l’aider. En fait, j’avoue que je n’avais pas vraiment fait attention à elle auparavant, vu qu’elle était d’un naturel timide et réservé. C’est d’ailleurs pourquoi je fus surpris qu’elle prenne ma défense en se mettant à dos tous les autres, mais qu’en plus elle me tienne compagnie pendant que tout le groupe se rendait dans la pinède.

Les premières minutes, nous n’échangeâmes pas un mot. Nous étions assis tous les deux, à l’ombre d'un vieux tas de paille que quelqu'un avait abandonné en plein milieu du champs qui bordait le bois. Le silence était partit pour s'éterniser. Puis...

— Moi, je trouve ça romantique.

Mon cœur fit brusquement un bond dans ma poitrine !

— Par… Pardon ?

— La légende, précisa-t-elle. Je ne comprend pas pourquoi tu en as peur. Au contraire, je trouve ça mignon que deux personnes s’aiment tellement qu’ils préfèrent mourir que vivre l’un sans l’autre.

— Je… Euh…

Mon regard plongea dans ses yeux vert émeraude. Ma vision du sujet venait de changer du tout au tout rien que par cette phrase. Confus, je balbutiais :

— Je… Je n’avais jamais pensé… C’est… C’est vrai...

Aucun ne nous deux n’ajouta un mot jusqu’au retour des autres enfants.

C’est ce jour là que ma vie à commencer à changer.


Les mois s’écoulèrent sans que je les virent passés.

L’épisode de la foret était passé, et je m’étais réconcilié avec le reste des enfants ; a cette âge-là, les disputes durent rarement longtemps.

Bien que nous ayons continué de suivre la bande, Lara et moi nous voyions de plus en plus souvent seul à seul. Curieusement, c’était lors de ces moments d’intimités que je me sentais…

Comment dire ? Bien... Serein… Que je pouvais être moi même, sans faire le brave !

Avec le temps, les visages de la plupart d’entre eux se sont envolés. Il ne reste d’eux que de flou bribes de souvenirs.

Oui, c’est confus. Mais nécessaire pour que vous compreniez mon histoire.

Celle-ci eu lieu un jour particulier : lors de mon neuvième anniversaire. Pour l'occasion, j'avais envie de faire quelque chose de spécial, d'excitant, une vraie aventure. Une idée me trottait déjà dans la tête depuis plusieurs semaines. Une idée qui m'aurait horrifié auparavant, mais qui, grâce à Lara, me semblait de plus en plus attirante.

Une visite de la forêt. Dépasser mes craintes, vivre un moment fort, histoire de marquer l’occasion et d’en finir une bonne fois pour toute avec cet endroit.

Mais d'un autre côté... Il me hantait depuis toujours. Toutes les fois ou j'avais tenté de m'y rendre, j’étais pris de violentes crises de maladies et de rêves atroces. Alors... est ce que ça valait le coup d’essayer ?

Cette pensée mûri longuement, jusqu'à ce que finalement je prenne mon courage à deux mains et je décide d'en finir avec ce lieu qui était devenu une obsession.

Et je ne l'ai pas regretté.

Cette après-midi fut magique, ça, peut importe si ça remonte à loin, je m’en souviens très bien !

En dehors du récit de fantômes, la forêt n’avait rien de différent de celles qui nous explorions d’habitude ! Dans mes cauchemars, elle était toujours jonchée de squelettes, remplie d’arbres morts qui étendent leurs branchues nues sur les sentiers comme des mains maléfiques cherchant à s’emparer des visiteurs, et il y faisait un froid glacial et une nuit noire. En réalité, c’était un lieu assez charmant, où l’air est pur, et le paysage magnifique !

À vrai dire, rien n’aurait pu laisser paraître qu’une légende macabre entourait ce lieu. Je me suis sentit libéré d’un poids immense, mon corps devenu léger virevoltait sur les feuilles mortes !

Après une première visite seul avec Lara, les autres gamins débarquèrent. Si, ça y est, ça me revient ! L’un d’entre eux, un rouquin du nom d’Elian, s’entendait bien avec Lara. Il faisait partit des amis avec qui j’ai vécu cette journée géniale.

Et nous avons jouer à l’endroit même qui m’avait hanté depuis des années, pendant des heures qui me parurent durer un instant.

Quand nous sortîmes, le soleil était en train de se coucher, mais il faisait encore bien jour et chaud ce qui donnait une ambiance très agréable. Nous marchions sur le petit chemin qui reliait le village au bois, bordé par le champs. Alors que je pensais la journée terminée, Lara me pris à part :

— Tu peux venir deux minutes avec moi ? J’ai… J’ai quelque chose à te donner. Une sorte de cadeau d’anniversaire.

Elle désigna le piteux tas de foin où nous avions fait connaissance.

Nous nous sommes écarté du groupe et avons enjambé la clôture en bois. Le temps semblait s’être suspendu, le chant des oiseaux s’être interromput, les fleurs s’être mises à scintiller.

— On… On y est, dit-elle sur un ton hésitant en cachant son visage derrière ces mains.

La scène semblait surréaliste, semblable à un rêve, destinée à s’effacer d’un instant à l’autre.

Lara plongea sa main dans la poche de sa robe blanche.

— Tiens, c’est pour toi, susurra-t-elle tout bas.

C’était un petit médaillon en cercle, accompagné d’une chaînette. On aurait dit qu’il était recouvert d’une fine couche d’or. Lentement, je le pris dans le creux de ma main, et je soulevai le petit couvercle pour doré.

A l’intérieur, il y avait un petit dessin, fait à l’encre noire sur du vieux papier jaunis. Un cœur. Les contours étaient mal faits, l’encre bavait, il n’était pas bien centré sur la feuille…

Mais c’était bien un cœur.

J’ai immédiatement relevé la tête.

Lara baissait les yeux, en passant une main dans ses cheveux blondq.

Soudain, j’ai sentit une immense chaleur monter en moi, qui remontait de mes entrailles par ma gorge, et allait sortir dans un tonnerre d’émotion…

Mais rien de tout ça n’eut lieu.

Sans un mot, je lui ai pris la main.

Nos regards se croisèrent.

J’avais l’impression que des centaines de papillons fourmillaient dans mon ventre.

Rien n’existait en dehors de nous deux.

Les oiseaux avaient cessé de chanter.

Les nuages ne défilaient plus dans le ciel doré.

Les feuilles des arbres ne virevoltaient plus.

Le temps… C’était arrêté.

Le médaillon glissa lentement de ma main et tomba sans un bruit par terre.

Et nous avons échangé un baiser.

Puis, une immense détonation retentit.

On aurait dit le bruit de la foudre, mais en mille fois plus fort. Et la terre gronda, gronda tellement fort que j’avais l’impression que le sol allait s’effondrer sous mes pieds !

Toute la magie du moment s’envola en même temps qu’une nuée d’oiseaux que le choc avait terrifié. Le temps venait de redémarrer. Le monde tournait de nouveau.

— Qu’est ce que c’était ? S’exclama Lara, un tremblement dans la voix.

— Je… Je ne sais pas !

Nos regards se croisèrent de nouveau, mais cette fois-ci, je pus y lire de l’angoisse.

Elle tourna la tête vers la silhouette du village, à l’horizon, et son teint palis soudainement. Je compris que quelque chose n’allait pas.

— Il… Il faut rentrer, bégaya-t-elle. Maintenant.

Et en tournant ma tête à mon tour, je pus apercevoir une colonne de fumée s’élever au loin.

Sans surprise, mon amie se mit à courir vers le sentier qui ramenait au village.

— Attends-moi !

Je saisi le médaillon à mes pieds avant de la rejoindre au pas de course.

Le soleil avait disparu quand nous sommes arrivés.

Pourtant, ce n’était pas la lumière qui manquait.

Face à nous se dessinait un immense brasier, qui étendait son emprise sur une dizaine de maisons. Ces flammes s’élevaient au ciel comme pour prouver que rien ne pouvait leur résister, pas même la lune. Il dégageait une chaleur qui me faisait tourner la tête…

A moins que ce ne soit à cause des hurlements qui retentissaient de partout ? Ou de l’odeur métallique du sang qui emplissait mes narines ? Ou la vision d’horreur que je contemplais du haut de mes neuf ans ? Ou peut-être était-ce un mélange de toutes ces choses… ?

« Fuis. »

Mais j’étais paralysé par le choc. Je sentais mes entrailles se liquéfier au creux de mon ventre, je sentais le poids de mon corps sur mes jambes aussi fragiles que le coton, je sentais mon sang bouillir dans mes veines.

« Allez, pars. Vas-y. »

Comment aurai-je pu ? Comment, alors que j’avais l’impression que le monde s’effondrerait si je faisais le moindre geste, et que les flammes se jetteraient sur moi si je les quittaient du regard ?

« Maintenant. Sauve-toi, s’il te plaît. »

A quoi bon ?

« Ce sera bientôt trop tard. Regarde, écoute. »

La vitesse de propagation des flammes était abasourdissante, tout ce qu’elle touchait se transformait immédiatement en torche.

Et je pouvais entendre de nouvelles explosions qui venaient du village, indiquant que l’incendie n’était pas prés de laisser s’échapper un seul d’entre nous.

Alors à quoi bon ?

« Si tu ne le fait pas pour sauver ta vie, alors fait le pour sauver la sienne. »

La sienne… ?

J’ai alors regardé Lara. Elle semblait pétrifié, son regard vide fixant ce monstrueux spectacle.

Puis j’eus soudain un déclic : Si elle restait ici, elle était condamnée !

Elle, qui sous son allure timide et renfermée, cachait la plus ravissante des femmes de ce monde ! Non ! Je devais la sauver !

— Lara ! On ne peut pas rester ici, c’est trop dangereux ! Viens avec moi !

Ses yeux vides se réanimèrent soudainement, et elle sembla reprendre ces esprits.

— Oui… Tu as raison…

Je lui prit la main, prêt à y aller... !

Mais…

— Attend ! Souffla-t-elle, si bas que je faillis ne pas l’entendre.

— Qu’est ce qu’il y a ?

— Les autres enfants… On… On ne peut pas les abandonner !

« Dépêche-toi. S’il te plaît. »

— Non ! On n’a plus le temps !

— Mais… On ne peut pas les laisser mourir !

« Je t’en supplie. »

— Lara…

« Maintenant. »

Je lisais un désespoir immense sur son visage.

Elle était tiraillée par le poids de la décision.

— Je... Balbutia-t-elle. Je... Je suis désolée.

« Maintenant !»

Lara y était retourné. Elle avait eu le courage d'aller au devant d'un danger certain par altruisme, pour essayer d 'aider ceux qui pouvaient l'être. Moi, tel un lâche, tel le dernier des égoïstes, j'étais resté planté là, sans faire un geste, à contempler le spectacle des flammes.

Non, ça n'était pas possible. Je n'avais pas le droit de l'abandonner. Elle... Elle courait à sa mort ! Je... Je devais tenter quelque chose, n'importe quoi ! Du moment qu'elle survivait ! Il fallait j'aille la chercher, il fallait que je la retrouve !

Je... Je peux comprendre que cela paraisse fou.

Je ne saurais pas expliquer cette décision. Je sentais le besoin d'aller la retrouver, que c'était la chose la plus importante à faire, que ça passait avant tout le reste...

Que sont devenus mes parents ce jour-là ? Je n'en ai pas la moindre idée. Car, tout simplement, tout le reste ne comptait pas. Rien d'autre n'avait d'importance.

Je déambulais dans les rues, ces rues que j'avais parcouru milles fois, mais qui me semblaient totalement inconnues. C'était un chaos indescriptible. Des dizaines de d'hommes, de femmes, d'enfants affluaient, écrasant les cadavres des plus malchanceux. Le vacarme assourdissant de leur cris était si fort qu'il couvrait le son des nouvelles explosions, le bruit des bâtiments qui s’effondraient, les hurlements de douleur... Mais cela m'importait peu.

Oui, c'étaient mes voisins qui étaient allongés dans leur propre sang à mes pieds. Oui, c'étaient certains des enfants de la bande qui criaient de tous leurs poumons dans les rues de mon village en feu.

Mais ça, je m'en foutais. J'étais obnubilé par un seul nom, une seul personne, qui était cachée parmi la foule.

Est ce que j'avais peur ? Non.

A ce stade, toutes mes émotions avaient disparu. Ma tête était vide de toute pensées. J'étais une machine, qui avançait sans se soucier d'autre chose que de son objectif... Que je finis par trouver.

Elle était à côté de la fontaine, ou de ce qui en restait. Elle appelait des survivants, mais à part elle et quelques cadavres, la place était déserte.

Je me suis avancé vers elle, sentant des larmes me monter aux joues... Puis je l'aperçus.

Sur le toit d'un édifices encore debout se tenait un homme. Lara ne l'avait pas vu, mais lui, en revanche, avait bien repéré la jeune fille.

« Prend garde ! C'est le faiseur d'explosion. »

Le... Quoi ?

Je ne m'étais pas demandé d'où venaient les détonations qui réduisaient mon monde en cendres jusqu’à présent... Mais cet homme... C'était un étranger, aucun doute.

« Pars, immédiatement ! »

La scène sembla se dérouler au ralentit. L'homme leva le bras, tenant fermement dans sa main un petit objet que je distinguais à peine. Tout de suite j'ai su ce qu'il allait faire. J'ai hurlé son nom, et

Lara me remarqua... Ainsi que le faiseur d'explosion.

Surpris, il se figea un instant, puis fis un mouvement brusque et envoya l'objet pile au centre de la distance qui me séparait de Lara. Sans réfléchir un instant, je me suis jeté sur l'objet, pour faire barrage avec mon propre corps.

J'ai senti la déflagration me frapper de plein fouet, puis je fus projeté dans le ciel, comme soulevé par une force supérieur. Cela dura une seconde, ou peut-être mille ans.

Et j'ai sentis mon corps s'écraser contre le sol, de la même manière qu'une marionnette à qui on venait de couper les fils.

J’étais faible, très faible. Complètement terrassé par l’explosion. Si j'avais pu, je serais resté allongé ici pour l'éternité, sans un mouvement, sans un bruit. Mais il fallait que je sache.

J'ai ouvert les yeux.

Je la vis. Lara. Elle était en train de s'enfuir, me tournant le dos.

Elle était en train de s'enfuir.

Me tournant le dos.

Elle était en train de s’enfuir.

M'abandonnant à la mort.

Oui, mais voilà : je ne suis pas mort.

Pourquoi... Pourquoi ne s'est-elle pas retournée ?

Cette question me hante encore. J'étais juste derrière elle... Et elle le savait ! Alors pourquoi ne s'est elle pas retournée ? Il fallait que je la rattrape, que je lui pose la question. Mais, en tentant de me relever, j'ai sentis une immense douleur me traverser le corps.

Un coup d'œil sur mon torse m'a fait comprendre pourquoi : un trou béant, par lequel s'écoulait du sang rougeâtre, me transperçait dans une douleur atroce. Douleur qui ne dura point, qui fut complètement éclipsée au son d'une voix qui retentit au plus profond de mon crâne : « C'est finis. Tu sais ce que tu dois faire. »

Oui, je le savais. Cela sautait au yeux.

Lentement, je me mit debout. Malgré la promesse de mort qui se dessinait sur mon ventre, j'arrivais à marcher. Je boitais. Et ça faisait horriblement mal. Mais je marchais.

Je suis sorti du village en transe, je ne dirigeais plus rien.

Ce n'était pas un sentiment désagréable, au contraire ! Mon âme n’avait plus à supporter le poids de ma chaire, tout mes maux avaient cessé. Est-ce cela qu'on ressent avant de trouver la mort ?

Puis je pris soudain conscience que je me dirigeai à grand pas vers le sentier qui menait à la forêt. Je me sentais de plus en plus nauséeux, ma tête tournait et ma vue se brouillait... Sans doute des effets de ma blessure, sans doute la vie qui quittait peu à peu mon corps...

« Tiens le coup, tu es presque arrivé. »

J'étais devant le bois. Il ne m'inspirait plus aucune peur, seulement un immense calme, une paix utopique. Je me suis engouffré entre les arbres, pour me rendre là ou mon instinct me guidait.